JEAN-PAUL CHAMBAS

Œuvre sur papier

HERVE DI ROSA

Œuvre sur papier

CHRISTIAN LACROIX

Œuvre sur papier

    PHILIPPE LOUISGRAND

    Œuvre sur papier

    « Les roses de Redouté »

    CHAMBAS, DI ROSA, LACROIX, LOUISGRAND

     En partenariat avec le Musée Larrey de Beaudéan le Cercle d’Art Contemporain du Cailar


    Exposition PHAART 2018 – 21.22 AVRIL 2018

    Découvrez cette exposition du 10 mars au 29 avril 2018


    MUSEE LARREY


     

    Cette exposition présente les créations de quatre artistes contemporains Jean-Paul Chambas, Hervé Di Rosa, Christian Lacroix & Philippe Louisgrand autour des œuvres de Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), « le Raphaël des fleurs ». Ce peintre, illustrateur botanique, né dans les Ardennes belges, fut d’abord le protégé des têtes couronnées, Marie-Antoinette, Joséphine de Beauharnais dont il fut le peintre officiel et le professeur avant de transmettre son savoir à l’académie des Sciences, au Muséum national d’histoire naturelle tout comme à Montpellier.

    Peintre, illustrateur, éditeur, il est mort célèbre et sans-le-sou à Paris en 1840 alors que ses gravures, relevé quasi exhaustif des différentes variétés de roses, avaient un grand succès. Il ne pouvait bénéficier alors du droit d’auteur naissant mais non appliqué.

    L’exposition au musée Larrey de Beaudéan rassemble un florilège des deux expositions réalisées par le Cercle d’art contemporain du Cailar autour des roses de Redouté : la première avec Christian Lacroix et Philippe Louisgrand présentée d’abord à la galerie du bonheur au Cailar avant Florence dans la serre du plus ancien jardin florentin, il Giardino Torrigiani, et la seconde à la galerie du bonheur en décembre et janvier dernier avec Jean-Paul Chambas et Hervé Di Rosa.
    Si les roses de Redouté apparaissent fidèlement dans les œuvres de chacun des quatre artistes, elles demeurent le seul point commun pour des créations aux orientations bien différentes.

    Jean-Paul Chambas, dans un ensemble de tous formats, conserve une mise en espace de la rose voisine de celle de Redouté. Une Rose, dont le nom est mentionné comme chez Redouté et qui devient élément de scènes directement inspirées de l’œuvre de Goya, essentiellement de la série de gravures dites des Caprices. Un univers halluciné, fantasmagorique auquel il avait « envie de se frotter ! » et à travers lequel Goya dénonçait travers et tares de la société d’alors : corruption, faux semblants, bêtise, aveuglement que donnent pouvoir et  fortune. Et qui demeurent. Chambas s’est approprié cet univers avec brio, force, une virtuosité technique alliée à une belle liberté de trait et de composition, une palette de couleurs certes et de valeurs aussi allant du blanc au noir profond en passant par une impressionnante gamme de gris, usant de l’ensemble des degrés de dureté des mines de crayon.

    Hervé Di Rosa a créé une série à l’encre de chine de Roses d’après Redouté, sur dimensionnées comme de grands arbres auxquels s’agrippent ou se protègent les héros de la mythologie Dirosienne : Mimi, le monstre vert, Raymond, les René, la péteuse, Raoul : une drôle de tribu plus sereine qu’à l’accoutumée dans cet univers de fleurs géantes dont le cœur est un visage poupin, solaire. Un dessin dense d’une présence imparable à l’énergie joyeuse, efficace comme un bon gros riff de guitare.Comme un contrepoint à ces encres de chine, Hervé et Victoire Di Rosa signent, et pour la première fois ensemble, des aquarelles à la palette légère, tendre pour de presque fidèles roses de Redouté et les bestioles qu’elles attirent : une coccinelle, six abeilles, deux vers de terre amoureux, quelque chose qui donne envie de raconter une histoire, comme un livre d’enfant.

    Christian Lacroix présente ainsi ses créations d’après Redouté. ‘‘…Comme toutes les mères du XXéme siècle, la mienne adorait  les fleurs de papier, gravures ou aquarelles, de Pierre-Joseph Redouté, autant que les bouquets (flamands!) du XVIIéme et ses planches restent associées dans ma mémoire affective à la décoration «saintes-chéries» des trente glorieuses cossues.

    Depuis, seules les photos d’Irving Penn ont supplanté son herbier officiel dans mes répertoires d’images familières, comme ces pétales et feuilles séchées, aplaties dans les pages d’un vieux livre, souvenirs d’instants aussi marquants qu’oubliés. Comme des «Lucky-Charms». Il m’est apparu, en échangeant avec Jean-Marie Bénézet, que les roses de Redouté étaient chez moi récurrentes, inséparables de pas mal de mes décors, projets, dessins, telles des gris-gris. Voilà comment sont nées ces superpositions de créatures plus ou moins flamencas (il me plaît toujours de me souvenir que «flamenco» viendrait de «Flandres» !) ou camarguaises, tarasques ou arabesques affectueusement semées au Cailar pour la galerie du bonheur.’’

    C’est à la recherche de poèmes anciens que Philippe Louisgrand a découvert un recueil de Pierre-Joseph Redouté sur les variétés de roses, alors, et selon ses mots : ‘‘Comme Picasso l’avait fait sur l’édition de Buffon de 1942, mon idée était de dessiner en marge de ces illustrations : j’ai ainsi réalisé que la richesse et le nombre des dessins de Redouté me permettaient un large choix de pages sur lesquelles je souhaitais dessiner. J’ai réalisé aquarelles, découpages et collages alliant ainsi mon univers bestiaire, ce jardin d’Eden que je quête, à celui de l’herbier floréal de PJ Redouté. Je pensais alors et comme souvent à Louis-Ferdinand Cheval : ma maison à Hauterives est sur le parcours du facteur qui distribuait le courrier et ramassait un à un les galets pour s’inventer, se construire son palais idéal. J’ose penser et croire que nous avons, au-delà de la même terre, la même quête.

    J’utilise aujourd’hui des outils numériques qui me permettent des images différentes : à la planéité du collage traditionnel, j’ai ajouté, parfois substitué la profondeur et la couleur de l’image digitale.’’

    Au-delà de cette diversité de propositions et du seul plaisir de créer ou, selon le mot de François Boisrond,« de faire de la peinture avec délectation ! », c’est de transmission qu’il s’agit ici, présente dans toute création, consciente ou pas, admise ou pas et d’interprétation aussi, assumée, affirmée, à la fois hommage et transgression pour des œuvres qui peut-être à leur tour…

    Pierre-Joseph Redouté n’était-il pas lui aussi l’interprète, le passeur de ses « modèles végétaux » ? Ces roses qu’il avait la charge de reproduire précisément, scientifiquement et dont, ne serait ce que pour montrer toutes leurs caractéristiques et les présenter tout à leur avantage, il a fait autre chose : une œuvre, influente pour les peintres de son temps et sollicitée encore aujourd’hui dans les arts appliqués.

     


    Jean-Marie Bénézet Commissaire de l’exposition
    Président du Cercle d’art contemporain du Cailar

    Isabelle Bernard – Directrice du Musée Larrey de Baudéan


     

    INFORMATIONS / musee.larrey@orange.fr 05 62 91 68 96